mercredi 20 octobre 2021

Atelier de rédaction professionnelle - Avec la collaboration de Stéphane Laporte (Partie 1)

Atelier de rédaction professionnelle, c'est le titre d'un des cours du certificat de rédaction professionnelle de l'Université de Montréal. Un cours auquel on ne peut s'inscrire qu'après avoir complété 21 crédits - 7 cours -. Autrement dit, il faut déjà détenir de solides connaissances avant de s'attaquer à ce mastodonte du programme.

RED-3000 : le simple sigle du cours m'intimidait depuis le jour 1.

Production d'un texte de 10 pages, supervisé par un tuteur professionnel, évalué par un jury. J'en tremblais.

Mais après avoir écrit l'article Zoom, l'allié des personnes à mobilité réduite au printemps 2021, de rédiger ce texte de 10 pages était désormais bien plus qu'un passage obligé dans mon parcours scolaire : c'était devenu une nécessité. Une mission. La seule occasion d'aller au fond des choses.

Parce que l'article précédemment cité m'avait laissée sur ma faim. J'avais interrogé plusieurs personnes, mais j'avais dû faire des choix déchirants et retrancher plusieurs témoignages pour respecter la limite de longueur et garder un angle serré. J'étais satisfaite de mon texte, mais je savais qu'il ne couvrait qu'une partie de la réalité.

Les 10 pages du RED-3000 allait donc me permettre de tout dire. Le pour, le contre, le beau, le laid. J'étais habitée par ces témoignages que j'avais entendus, je voulais leur donner leur part de lumière. Qu'un jury me juge, c'était devenu secondaire. Je le faisais pour moi, et pour les intervenants que j'avais volontairement gardés dans l'ombre pour servir mon propos.

À l'été 2021, j'ai donc plongé. Partiellement dégagée des appréhensions que j'avais face au cours et enthousiasmée par mon sujet, j'étais portée par une confiance nouvelle. Si bien que dans un élan spontané, j'ai écrit au journaliste Stéphane Laporte pour lui demander qu'il soit mon tuteur! Un journaliste vedette dont j'admirais la plume, et qui connaissait parfaitement le monde des personnes handicapées, quoi de mieux? Je visais les étoiles!

Mais après avoir cliqué sur send, je suis redescendue de mon nuage. Qu'avais-je donc fait là?? Stéphane Laporte!! Le seul et unique, l'acolyte de Julie Snyder, qui avait travaillé avec Céline Dion, produit tant d'émissions, de spectacles et écrit une pléthore d'articles extraordinaires!! Avais-je donc perdu la tête!?

Heureusement, je n'ai pas eu le temps de réfléchir trop longtemps : j'avais envoyé mon message à 11h58 et à 12h03, je recevais cette réponse toute simple et gentille :

Bonjour Joelle,

J’aimerais, bien sûr, être ton tuteur. Puis-je savoir ce que ça implique, en fait de disponibilités? Je veux être certain d’être un bon tuteur. Peut-être que ton professeur pourra me le dire.

Bon week-end!

Stéphane


à suivre...

lundi 18 octobre 2021

Inauguration de la rampe d'accès du Centre de femmes L'Éclaircie


Je participe, depuis plusieurs mois, à un groupe d'échange pour femmes en situation de handicap. Ce groupe réunit une dizaine de participantes aux capacités et incapacités diverses, mais toutes mues par un désir inaltérable de s'émanciper le plus possible à l'intérieur de leur cadre de vie unique. L'idée de créer ce rassemblement bimensuel est venu d'une participante - Karine -, qui, pendant la pandémie, se trouvait isolée et ressentait le besoin de connecter avec d'autres personnes qui vivaient une situation similaire à la sienne. Karine en a alors parlé avec une intervenante de son centre de femmes - Lynda -, et ensemble elles ont mis sur pied Solidaire Hors-Série, un groupe Zoom ouvert à toutes les femmes handicapées du territoire québécois. 


Quand le centre de femmes a inauguré sa rampe d'accès en septembre dernier, Lynda, qui savait que je suivais un cours en rédaction professionnelle, m'a demandé de prononcer un discours! Je ne serais pas la seule à parler, il y aurait aussi différents dignitaires (député, mairesse, directrice d'une association pour personnes handicapées, etc.), mais c'est à moi qu'on confiait le privilège de parler au nom des personnes à mobilité réduite, à qui cette rampe était principalement destinée. J'ai été extrêmement flattée qu'on pense à moi et qu'on m'octroie cet espace et cette liberté de parole. C'était l'occasion pour moi de mettre mon grain de sel, de semer des graines de réflexions sur des sujets qui me tiennent profondément à coeur, à savoir l'inclusion, la diversité, l'accessibilité. C'est donc sans hésitation aucune que j'ai accepté de relever le défi de rédiger et de prononcer une allocution à l'occasion de l'inauguration de la rampe d'accès du Centre de Femmes L'Éclaircie.


Un article a été publié dans le journal local au sujet de l'événement (avec une photo de moi et des passages de mon allocution).

Le Centre de femmes l'Éclaircie se dote d'une rampe d'accès


Et on a fait une vidéo de mon discours



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8 septembre 2021


Bonjour à tous,


Nathalie, Catherine, Lynda, merci de l'invitation! C’est avec beaucoup de plaisir que je me retrouve parmi vous aujourd’hui.



Je me sens privilégiée, comme femme handicapée, d’être ici cet après-midi, et de pouvoir prendre la parole. C’est une occasion plutôt rare pour une personne en situation de handicap, et femme, de surcroît. Les femmes handicapées sont parmi les personnes les plus vulnérables de la société. D’abord parce qu’elles sont du sexe féminin. Ensuite parce qu’elles ne sont pas en pleine possession de leurs moyens. Elles sont plus susceptibles de vivre dans la pauvreté, d’être isolées socialement et de subir de la violence conjugale. Les statistiques révèlent que plus de la moitié des femmes ayant une incapacité ont déjà subi de la violence. Parmi les éléments qui expliquent cette plus grande vulnérabilité, il y a, évidemment et tristement, une difficulté aussi élémentaire que celle d'accéder physiquement aux services dont elles auraient besoin. Ça, les femmes du Centre l’Éclaircie l’ont saisi. Elles ont compris que quelques marches d’escalier pouvaient priver des femmes fragilisées de leurs précieux services. Non seulement les femmes du Centre l’Éclaircie l’ont compris, mais elles ont agi, avec détermination, pour éliminer les obstacles physiques et rendre l’endroit accessible, accueillant et sécuritaire, pour toutes.



Combien de fois des personnes handicapées ont-elles accepté des situations qui ont mis leur sécurité ou leur intégrité en péril? On s’est habituées à des choses auxquelles on n’aurait jamais dû avoir à s’habituer. On s’est habituées à capituler devant une marche d’escalier. À l'intérieur, l'ambiance est bonne, la musique légère, les gens bavardent. Ce serait agréable, qu’on se dit en regardant par la fenêtre. Mais il y a cette marche. Un banal dénivelé comme on en trouve partout, qui sépare les personnes handicapées de la majorité des gens. D’autres fois ce dénivelé est presque surmontable, on se sent audacieux et optimiste! Mais l’endroit est plus étriqué que prévu : on a besoin d’aide. On finit par entrer, de peine et de misère, sous les regards curieux et les sourires embarrassés, la dignité en berne.



Il arrive aussi que dans les endroits publics, on doive utiliser des toilettes qui n’ont pas été conçues pour les personnes qui ont des limitations. On se demande chaque fois, avant de s’aventurer dans une de ces salles de bains, si elle sera sécuritaire. Si on ne risque pas de s’y casser le cou en s’accrochant au distributeur de papier de toilette, en l’absence de barres d’appui. Et inévitablement, on finit par se demander si on ne serait pas mieux de retenir cette inopportune envie jusqu’à notre retour à la maison. Ces questions d’accessibilité tourmentent les personnes handicapées chaque fois qu’elles sortent de chez elles. Vous comprenez qu’elles ne sortent pas souvent…



Je vais vous donner un exemple bien concret d’un lieu qui a été conçu pour des gens parfaitement valides : la salle de spectacle que je fréquente quelques fois par année. D’abord, je tiens à préciser que ce n’est pas une petite salle de brousse : c'est une salle de spectacle de renom, qui accueille nos meilleurs artistes. Or, dans ce bel endroit très convivial pour le commun des mortels, les personnes à mobilité réduite doivent entrer par l’arrière, où il y a une rampe, et attendre qu’un employé vienne ouvrir la porte, gardée verrouillée en tout temps. Pour rendre l’expérience encore plus accueillante pour les personnes handicapées, c’est à l’avant que se trouve le petit bistro pour les cocktails pré-spectacle, et c’est à ce même endroit que les artistes vont à la rencontre du public après le spectacle, pour des séances photos, signatures d’autographes et autres sympathiques contacts sociaux. Mais malheureusement cet espace de plaisir est relié à la salle de spectacle par… un escalier. Si, d’aventure, une personne à mobilité réduite souhaite s'adonner à ce genre de réjouissance sociale, elle doit ressortir par la porte arrière (celle avec la rampe) puis faire le tour du bâtiment en passant par le stationnement, et enfin refaire son entrée par la porte d’en avant. Vous me suivez? Difficilement?? Bienvenue dans l’expérience rockambolesque d’une personne handicapée!



Maintenant revenez ici, au Centre de femmes l’Éclaircie, un endroit neutre qui vous envoie un message clair : venez, en toute sécurité, et en toute intégrité, vous êtes ici chez vous. Au Centre l’Éclaircie, pas question d’entrer clandestinement par la porte d’en arrière ou de se ronger les sangs avant d’aller aux toilettes. Pas question de subir cette sournoise ségrégation et cette insidieuse humiliation. Non, ici, on entre par ce bel et grand accès, et on utilise une toilette adaptée à nos besoins. C’est donc l’esprit tranquille et avec la certitude d’être bien accueillie que je me suis rendue ici aujourd’hui, pour l’inauguration de la rampe et de la nouvelle salle de bains, deux éléments qui favoriseront, sans l’ombre d’un doute, l’inclusion des femmes handicapées dans la communauté.



En terminant, je lève mon chapeau aux femmes du Centre l’Éclaircie et à leurs partenaires, pour ces formidables réalisations, et j'émets le souhait que davantage de gens leur emboîte le pas, car c’est en prenant des initiatives comme celle-ci que nous créerons des communautés plus fortes et inclusives, où il fait bon vivre pour tous et toutes.


mercredi 13 octobre 2021

Zoom, l'allié des personnes à mobilité réduite

Durant la pandémie, j'ai découvert, comme la plupart des gens, les réunions Zoom. Alors que de nombreuses personnes ont perçu ce nouveau format de rencontres comme une contrainte, j'y ai vu, comme personne en situation de handicap, une fenêtre ouverte sur de nouveaux horizons. 

Lorsque nous avons eu à rédiger un article informatif pour le cours "Écriture et médias", j'ai donc spontanément choisi de parler de Zoom et les personnes handicapées. La consigne était d'écrire un reportage avec entrevues sur un sujet d'actualité, ce qui m'enthousiasmait au plus haut point car je souhaitais ardemment connaître l'expérience d'autres personnes handicapées sur le virage numérique de la dernière année. 

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19 avril 2021



Zoom, l’allié des personnes à mobilité réduite



par Joëlle Tremblay



Depuis le début de la pandémie, la vie sociale des gens s’est en grande partie déplacée vers l’espace virtuel. Cela a permis aux personnes à mobilité réduite de participer à de nombreuses activités, sans les habituelles contraintes d’accessibilité physique. Plusieurs craignent désormais les conséquences du déconfinement sur leur vie.


«Le monde s’est ouvert à nous!» C’est ce que déclarent plusieurs personnes handicapées, dont Jessica. Cette jeune mère de famille est atteinte de l’Ataxie de Friedreich, une maladie neuromusculaire qui affecte sa motricité. Ancienne archiviste médicale, Jessica a dû arrêter de travailler très tôt en raison de son handicap. «Trop tôt, précise-t-elle. Je me tournais les pouces, je me demandais à quoi je servais dans la société.» Elle raconte qu’elle avait, depuis longtemps, l’envie de devenir représentante des produits Tupperware. «Mais j'étais pas «game» (je n’osais pas)», admet-elle. À la question pourquoi?, elle répond du tac-au-tac : «Mon handicap. Je ne me voyais pas arriver chez les gens avec mes deux valises pleines de plats, les escaliers, l’hiver, demander aux gens de m’aider.»

Puis la pandémie est arrivée, et les activités de l’entreprise ont migré vers Zoom. Contre toute attente, Jessica a pu suivre la formation pour devenir représentante et commencer à faire des démonstrations par visioconférence. Son élocution un peu ralentie par la maladie n’altère en rien son enthousiasme : «Maintenant, je peux tout faire de la maison, j’adore ça!»


Karin Hitselberger, auteure et militante pour les droits des personnes handicapées, explique dans son article As a disabled person, I’m afraid for the world to go back to normal, que « même si des alternatives virtuelles existaient avant la pandémie, elles n'étaient pas largement acceptées.» Elle ajoute que maintenant que les options virtuelles font partie de l’usage, «les opportunités ne sont plus limitées par la géographie.» Anniversaires, cérémonie de graduation, apéros, conférence à l’autre bout du pays, Hitselberger énumère les activités qu’elle a pu faire dans la dernière année, auxquelles il aurait été difficile – voire impossible – de participer sans les applications de réunions virtuelles. Elle se réjouit d’enfin pouvoir «participer à la vraie vie.»


La crise sanitaire force l'innovation

Pour respecter les règles de confinement, de nouvelles façons de travailler, de socialiser, de s’approvisionner, ont été développées. Le télétravail, entre autres, a connu un essor spectaculaire dans la dernière année : selon un sondage Léger, près de 50% des travailleurs du Québec ont dû réorganiser leurs tâches pour travailler de leur domicile. Les personnes à mobilité réduite bénéficient donc d’un meilleur accès, non seulement au marché du travail, mais aussi à une multitude d’activités qui leur étaient inaccessibles avant la pandémie. Selon Vanessa-Anne Paré, conseillère à MÉMO-Qc, un organisme qui œuvre à améliorer l’autonomie et l’inclusion des personnes handicapées, Zoom a permis de surmonter des barrières géographiques, physiques, et a eu, dans certaines situations, un effet égalisateur. «Avec Zoom, souvent, le handicap n’est pas apparent», observe-t-elle.


Sylvie Godbout n’a que de bons mots pour le virage numérique de la dernière année. La femme de 63 ans éprouve d’importants problèmes de mobilité depuis qu’une voiture l’a renversée alors qu’elle avait 17 ans. L’isolement et la solitude, Sylvie Godbout les connaît de fond en comble. «Ça fait 46 ans que j’ai eu mon accident. Donc le confinement, je l’ai vécu, et Zoom n’était pas là. Confinée avec Zoom, c’est le rêve!» Elle raconte avec emballement que grâce à la visioconférence, elle a assisté à des concerts de musique classique, à des conférences d’écrivains, et qu’elle a même «rencontré son idole de jeunesse, Janette Bertrand!»



Moins d’isolement social

Les statistiques pré-pandémiques de l'Office des personnes handicapées du Québec révèlent que 26% des personnes en situation de handicap souffrent d’isolement social. Selon Nathan Spreng, chercheur de l’Institut-hôpital neurologique de Montréal, «l’isolement social et la solitude représentent un risque pour la santé cognitive des individus.» Dans sa récente étude sur les effets de la solitude sur le cerveau, le chercheur explique que le cerveau crée de nouvelles connexions pour compenser l’absence de contacts sociaux. Or, ces connexions peuvent, à long terme, avoir des effets négatifs, et même favoriser l’apparition de la maladie d’Alzheimer. Il soutient que les contacts, même par visioconférence, sont essentiels pour préserver notre santé cérébrale. Il assure qu’il se passe «quelque chose de spécial lorsque l’on voit des visages humains, et que cela nous permet de nous sentir connectés aux autres.»


Enfin, Karin Hitselberger explique qu’elle craint le retour à la «normale», c’est-à-dire un retour aux choses telles qu’elles étaient avant la pandémie. «Une normalité qui n’a jamais fonctionné ni pour moi, ni pour des millions d’autres personnes», affirme celle pour qui la vie sociale et professionnelle n’ont jamais été aussi remplies que pendant la pandémie. Hitselberger se désole à l’idée que bientôt la société se déconfinera, délaissera les espaces de rencontres virtuelles, et que cela signifiera un reconfinement pour de nombreuses personnes handicapées. Jessica et Sylvie Godbout sont du même avis : un retour en arrière serait tragique. Elles rêvent, comme Hitselberger, qu’on développe des formules hybrides des événements, pour que tous puissent y accéder.


Mais pour Jessica, il n’y a aucun doute : «Je suis convaincue que le virtuel va prendre de plus en plus de place. On ne reviendra pas en arrière, il y a trop d’avantages.»

mardi 28 septembre 2021

Plus d'empathie pour les personnes handicapées (article paru dans La Presse)

Dans le cadre du cours "Écriture et médias", nous avions à écrire une chronique sur un sujet libre et d'actualité. Écrire dans un contexte journalistique, c'est inévitablement rester collé sur l'actualité. Ces deux années de certificat ayant été marquées par la COVID-19, plusieurs de mes textes le sont aussi. 

À mon grand désarroi, l'enseignante nous encadrait de façon très stricte, exigeant des textes courts, sous peine d'être pénalisés. 

Ça m'a obligée à garder un fil conducteur très serré lors de l'écriture. 

Exercice difficile, mais finalement très utile.

Cette même enseignante nous répétait souvent ceci : En journalisme, "il faut faire des choix."

C'est un conseil qui m'a beaucoup aidée à garder à distance cette tendance à vouloir parler de tout jusqu'à l'éparpillement. 

Avec la consigne d'écrire une chronique sur un sujet libre et d'actualité, l'occasion était donc toute indiquée pour que je parle d'une situation qui me touche de près : celle du handicap et de la pandémie. Vaste sujet. Trop vaste pour écrire une seule page à double interligne comme le voulait la consigne. 

FAIRE DES CHOIX. Il me restait à choisir un angle. Un seul. 

L'empathie. 

Je n'aurais jamais cru qu'écrire une seule page aurait pu être si long! 

J'ai dû revenir mille fois à mon sujet, à mon angle. Au noyau de mon propos. 

Et je l'ai fait. 

Voici cette page, qui m'en a fait baver, mais dont je suis assez fière.

D'ailleurs, je l'ai envoyée à la Presse, qui l'a publiée! Double fierté.

Plus d'empathie pour les personnes handicapées


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22 février 2021


Plus d’empathie pour les handis


photo tirée d'internet


Pendant la crise sanitaire, les gens ont découvert – en partie – ce que signifie « être handicapé ». Pas de socialisation, pas de loisirs, beaucoup de sédentarité, beaucoup d’isolement. Un calque de ce que vivent les personnes en situation de handicap, et ce, depuis bien avant la pandémie. Étant moi-même en fauteuil roulant, je chéris l’espoir que ce difficile exercice collectif aura suffisamment nourri notre empathie à tous pour aider au progrès de la cause des personnes handicapées.


Il y a des décennies que les personnes en situation de handicap luttent pour faire reconnaître leurs droits. Malgré les progrès effectués, beaucoup de chemin reste à parcourir. En 2017, par exemple, seulement la moitié des handicapés occupaient un emploi, contre 75 pour cent pour les personnes sans incapacité. L’accessibilité des lieux y est pour beaucoup, mais pas que. Un autre obstacle qui freine l’inclusion des personnes handicapées réside dans l’indifférence de ceux qui ne se sentent pas concernés. C’est ici que la pandémie aura peut-être fait son œuvre : personne n’est resté indifférent face aux ravages que le virus a causés aux plus vulnérables. Alors un peu somnolente, notre compassion s’est réveillée à grands coups d’électrochocs. On a vu, on a ressenti, on a pleuré, on s’est indignés. La pandémie nous en a donné la preuve : l’humain est encore capable de se laisser toucher et de réagir.


Ainsi, quand le monde sera entièrement déconfiné, retournera à la vie normale, et qu’on parlera encore de l’isolement et des défis sociaux des personnes handicapées, il y aura ce souvenir pas si lointain du confinement, ce relent d’inconfort. J’espère qu’alors cette petite cloche, qui s’appelle l’empathie, résonnera avec force dans notre conscience collective.



lundi 27 septembre 2021

Les canards de Matt

Pendant que je suis mes cours universitaires à temps partiel, je poursuis mon enseignement du français auprès d'étudiants qui habitent un peu partout autour du globe. J'étais en train de compléter un cours d'écriture et médias quand Matt m'a raconté une histoire si mignonne que j'ai eu envie de la mettre sur papier. Matt, c'est un étudiant anglais qui apprend le français avec moi de façon sporadique depuis plusieurs années. C'est toujours un immense plaisir de bavarder avec lui. Quand il m'a raconté son aventure avec une maman canard qui s'était installée sur son balcon pour y pondre ses oeufs, j'ai tout de suite visualisé l'article réconfortant qu'on pourrait trouver dans la rubrique "insolite" d'un journal. C'était, de plus, une formidable opportunité de mettre en pratique les règles d'écriture journalistique et tout ce que j'avais appris dans mon cours d'écriture et médias.

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28 avril 2021



Un homme de Londres aide au sauvetage d’une famille de canards qui s’était installée sur son balcon

par Joëlle Tremblay


Un jeune père de famille a eu toute une surprise le mois dernier en découvrant un nid de canards sur le balcon de son appartement situé au 4e étage d’un immeuble de la capitale anglaise.

Matt, sa femme Audrey et leurs deux jeunes enfants revenaient d’un weed-end de Pâques à l’extérieur de la ville lorsqu’ils ont fait l’étonnante découverte. “Les enfants tapaient sur la fenêtre du balcon en criant : des œufs, des œufs! raconte Matt. J’ai cru qu’ils étaient excités à cause de Pâques, mais quand je suis allé à la fenêtre pour les arrêter, j’ai vu une maman canard qui couvait des œufs dans un pot à fleur. J’ai pensé “Oh mon dieu, qu’est-ce qu’on va faire avec ça?”


Selon la Royal Society for the Protection of Birds (RSPB), il n’est pas rare qu’une femelle canard fasse son nid sur un balcon afin de mettre sa couvée en sécurité, loin des prédateurs et des dangers de la nature.

Matt et Audrey sont préoccupés, d’autant plus que leur appartement est à vendre et qu’ils doivent partir dans les prochains jours pour le Kent, le comté où ils sont en train de déménager. Les enfants, eux, commencent déjà à s’attacher. “Ma fille a nommé la cane Betty-Rose.” s’amuse Matt.

Sachant qu’ils doivent agir vite, ils appellent aussitôt la London Wild Trust, un organisme de protection de la vie sauvage de la capitale anglaise. “Ils nous ont mis en contact avec “Andy the swan guy”, un bénévole très engagé dans la protection des oiseaux, qui habite dans le quartier.”

Andy leur explique qu’il ne faut pas déranger la maman pendant qu’elle couve, mais qu’il est impératif d’effectuer le sauvetage dès la naissance des canetons, afin qu’ils rejoignent rapidement un point d’eau pour se nourrir. “De plus, si on tarde trop à intervenir dans ce type de situation, les bébés risquent de tomber en bas du balcon, la mère peut tenter de les transporter dans son bec, un prédateur peut venir les manger” ajoute Matt, encore une inquiétude dans la voix.

Il est donc convenu que Audrey parte dans le Kent avec les enfants, et que Matt attende l’arrivée des canetons à Londres. “Certaines personnes me disaient de ne pas m’en occuper, que c’est la nature. Mais c’était impossible pour moi, car ils allaient définitivement mourir si je ne m’en occupais pas.”

Pendant les deux semaines qui suivent, Matt reste donc en contact étroit avec Andy, qui se tient prêt pour le grand jour.

C’est finalement le matin du 1er mai que les œufs commencent à éclore, et que l’opération sauvetage se met en marche : “Andy tentait d’attraper la maman, mais elle l’attaquait, c’était un vrai combat, c’était intense! Puis elle a commencé à se fatiguer et il a réussi à la faire entrer dans la cage. Ensuite on a mis les bébés dans une autre cage. Il fallait agir très vite pour ne pas les traumatiser!”

Les sept canetons et leur maman ont donc pu être relocalisés sur un étang tout près. “Andy est très satisfait de l’opération, raconte Matt. Il était inquiet, car il est fréquent que les sauvetages échouent : dans la peur, les mères fuient et laissent derrière elles leurs bébés, qui ne peuvent malheureusement pas survivre” s’attriste Matt.

Mais il se réjouit aussitôt : “Heureusement, dans notre cas, ça a été un grand succès!”

Et maintenant, c’est au tour de Matt de rejoindre sa petite famille dans leur nouvel environnement!




Photos et vidéo : Matthew Haydock

dimanche 26 septembre 2021

Compte-rendu critique de « J'ai montré toutes mes pattes blanches je n'en ai plus »



J'ai fait l'expérience de rédiger un compte-rendu critique d'une œuvre littéraire. Il fallait choisir une œuvre parue dans les trois derniers mois. N'ayant rien lu de bien récent dans les dernières semaines, je m'en suis remise aux conseils d'une camarade de classe, Mélodie, qui avait travaillé comme libraire. Mélodie, sans trop me connaître, a visé dans le mille : l'œuvre qu'elle m'a suggérée, J'ai montré toutes mes pattes blanches je n'en ai plus m'a piquée droit au cœur. L'histoire de Sylvie Laliberté m'a rappelé ma propre enfance avec un père colérique et tourmenté, et la grande complicité que nous avons développée, mon frère, ma soeur et moi, à force de nous serrer les coudes pour passer à travers cette période compliquée.


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8 mars 2021


Émouvante lettre vers l’au-delà

Sylvie Laliberté se pince : « Mon frère, t’es mort (...). Je sais, c’est saugrenu. T’es tellement mort. » Encore bouleversée par le récent départ de son frère, l’auteure s’adresse à lui une dernière fois dans son nouveau roman J’ai montré toutes mes pattes blanches je n’en ai plus. Un ultime message écrit comme à la lueur d’une chandelle. Poignant huis clos fraternel.

Née d’un père mathématicien affligé de troubles de santé mentale et d’une mère passée maître dans l’art de sauver les apparences, Laliberté raconte, dans cette magnifique petite œuvre autobiographique, ses souvenirs d’une enfance trouble. Une enfance passée dans la peur et la honte d’avoir un père « qui ne va pas bien » à une époque - dans les années 70 - où la maladie mentale était loin d’être connue comme elle l’est aujourd’hui.

Avec une plume personnelle et superbement habile, Sylvie Laliberté ouvre l’album de sa mémoire et feuillette, page après page, ses douloureux souvenirs d’enfance. Le texte, écrit au «tu» sur le délectable ton de l’humour fraternel, s'adresse sans ambages au frère disparu : « Mon témoin principal. Le seul qui a vu ce que j’ai vu », écrit l’auteure. Parce qu’une enfance à l’ombre de la maladie mentale laisse des traces et rapproche les infortunés, le profond attachement de l’écrivaine à son frère est palpable du début à la fin. Ainsi, la douleur de le laisser partir n’en est que plus vive : « Je n’y arriverai jamais à ce que tu ne sois plus là. On était si seuls toi et moi dans cette enfance (...). Maintenant je dois être seule toute seule. »

Mais parions que Sylvie Laliberté ne restera pas si seule, car nul doute que son récit trouvera une résonance dans le cœur de nombreux lecteurs.

samedi 25 septembre 2021

La vulgarisation d'un article

Dans le cadre du certificat de rédaction, j'ai suivi un cours de vulgarisation, qui avait pour but de nous apprendre à expliquer en mots simples des sujets complexes. Je me suis très souvent arraché les cheveux en faisant les travaux, car la schématisation d'un concept est un très grand défi pour moi. Même le faire à l'oral est difficile, alors quand il faut le passer à l'écrit en plus, c'est quasiment douloureux.

Pour le premier travail, il s'agissait de rédiger un article journalistique d'une page et demie à partir du texte How the pandemic defeated America du grand journaliste scientifique Ed Yong. Je ne sais pas si le prof voulait nous effrayer en partant, mais c'est l'effet que ça m'a fait quand j'ai lu ce long article écrit de main de maître, et en anglais!!

J'ai commencé, comme chaque fois, par m'indigner, par crier que je serais incapable et par penser abandonner le cours. Puis après cette inexorable ritournelle, je me suis assise à table avec mon café, résignée, et j'ai passé toute la fin de semaine à noircir des pages et des pages de notes, de liens, de réflexions. Je passe toujours au moins 2 jours dans un gribouillis mental assez opaque avant d'émerger vers un début de plan d'écriture.

Je ne sais pas si c'est normal, mais jusqu'ici, ça s'est toujours passé ainsi.

La consigne du travail était donc de trouver un angle et de rédiger un article journalistique à partir du texte d'Ed Yong. 

J'ai choisi l'angle de l'isolationnisme des États-Unis.

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17 septembre 2020


Individualisme et pandémie ne font pas bon ménage


Photo tirée d'internet


“Il est infranchissable”, “c’est le plus puissant au monde”, “il a arrêté la COVID-19, il a tout arrêté”. Le président des États-Unis ne tarit pas d’éloges lorsqu’il parle de son “mur magnifique”, symbole suprême de sa politique “America first”. C’est pourtant cette même politique isolationniste qui a mis à genoux la première puissance mondiale et provoqué la mort de centaines de milliers d’Américains pendant l’épidémie du coronavirus. 


Alors que la Chine faisait état d’un nouveau virus sur son territoire, les États-Unis se coulaient des jours heureux - du moins, d’un point de vue épidémiologique -, loin de la menace qui faisait déjà trembler l’Asie.  L’auteur Ed Yong, dans son article « How the Pandemic Defeated America » paru dans la revue The Atlantic, explique cette rupture par le fait que Trump, dans une attitude individualiste et complaisante, avait retiré le pays de plusieurs institutions et partenariats internationaux. L’auteur rapporte aussi que depuis 2017, le président a choisi de couper les vivres aux épidémiologistes américains qui gardaient un œil sur le territoire chinois, particulièrement sensible à l’apparition de nouveaux virus. En congédiant ces antennes, Trump a isolé le pays et invalidé le système de surveillance qui aurait pu amortir la catastrophe.


La réponse initiale du gouvernement face au virus s’inscrit aussi dans l’attitude de repli des États-Unis de Trump : le président a entièrement basé sa stratégie d’éradication du virus sur la fermeture des frontières. Ed Yong relate les bévues de ce plan : les gens en provenance de la Chine, ciblés par l’interdiction d’entrer au pays, ont pu dévier leur itinéraire, passant par des zones souvent plus touchées. De plus, des annonces spontanées ont provoqué des mouvements rapides de voyageurs et créé d’importants foyers de contagion. Résultat : ces gens ont tous pu fouler le sol américain malgré une mesure en apparence aussi incontournable qu’un mur. Si cette stratégie d’isoler le pays semble à priori essentielle, elle aurait dû faire partie d’un plan global bien orchestré.


En somme, le comportement individualiste et les décisions unilatérales du gouvernement ont conduit le pays à la catastrophe sanitaire et sociale. Il n’y a pas de réponse simple à un problème compliqué. Et dans l’échelle des problèmes complexes, une pandémie trône sans contredit au sommet. 





Aide médicale à mourir : ma collaboration avec MÉMO-QC

J'ai eu la chance, dernièrement, d'écrire un texte pour Paraquad , la revue de MÉMO-Qc. Rappelons que  MÉMO-Qc, est un organisme qui...