Dans le cadre du certificat de rédaction, j'ai suivi un cours de vulgarisation, qui avait pour but de nous apprendre à expliquer en mots simples des sujets complexes. Je me suis très souvent arraché les cheveux en faisant les travaux, car la schématisation d'un concept est un très grand défi pour moi. Même le faire à l'oral est difficile, alors quand il faut le passer à l'écrit en plus, c'est quasiment douloureux.
Pour le premier travail, il s'agissait de rédiger un article journalistique d'une page et demie à partir du texte How the pandemic defeated America du grand journaliste scientifique Ed Yong. Je ne sais pas si le prof voulait nous effrayer en partant, mais c'est l'effet que ça m'a fait quand j'ai lu ce long article écrit de main de maître, et en anglais!!
J'ai commencé, comme chaque fois, par m'indigner, par crier que je serais incapable et par penser abandonner le cours. Puis après cette inexorable ritournelle, je me suis assise à table avec mon café, résignée, et j'ai passé toute la fin de semaine à noircir des pages et des pages de notes, de liens, de réflexions. Je passe toujours au moins 2 jours dans un gribouillis mental assez opaque avant d'émerger vers un début de plan d'écriture.
Je ne sais pas si c'est normal, mais jusqu'ici, ça s'est toujours passé ainsi.
La consigne du travail était donc de trouver un angle et de rédiger un article journalistique à partir du texte d'Ed Yong.
J'ai choisi l'angle de l'isolationnisme des États-Unis.
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17 septembre 2020
Individualisme et pandémie ne font pas bon ménage
Photo tirée d'internet
“Il est infranchissable”, “c’est le plus puissant au monde”, “il a arrêté la COVID-19, il a tout arrêté”. Le président des États-Unis ne tarit pas d’éloges lorsqu’il parle de son “mur magnifique”, symbole suprême de sa politique “America first”. C’est pourtant cette même politique isolationniste qui a mis à genoux la première puissance mondiale et provoqué la mort de centaines de milliers d’Américains pendant l’épidémie du coronavirus.
Alors que la Chine faisait état d’un nouveau virus sur son territoire, les États-Unis se coulaient des jours heureux - du moins, d’un point de vue épidémiologique -, loin de la menace qui faisait déjà trembler l’Asie. L’auteur Ed Yong, dans son article « How the Pandemic Defeated America » paru dans la revue The Atlantic, explique cette rupture par le fait que Trump, dans une attitude individualiste et complaisante, avait retiré le pays de plusieurs institutions et partenariats internationaux. L’auteur rapporte aussi que depuis 2017, le président a choisi de couper les vivres aux épidémiologistes américains qui gardaient un œil sur le territoire chinois, particulièrement sensible à l’apparition de nouveaux virus. En congédiant ces antennes, Trump a isolé le pays et invalidé le système de surveillance qui aurait pu amortir la catastrophe.
La réponse initiale du gouvernement face au virus s’inscrit aussi dans l’attitude de repli des États-Unis de Trump : le président a entièrement basé sa stratégie d’éradication du virus sur la fermeture des frontières. Ed Yong relate les bévues de ce plan : les gens en provenance de la Chine, ciblés par l’interdiction d’entrer au pays, ont pu dévier leur itinéraire, passant par des zones souvent plus touchées. De plus, des annonces spontanées ont provoqué des mouvements rapides de voyageurs et créé d’importants foyers de contagion. Résultat : ces gens ont tous pu fouler le sol américain malgré une mesure en apparence aussi incontournable qu’un mur. Si cette stratégie d’isoler le pays semble à priori essentielle, elle aurait dû faire partie d’un plan global bien orchestré.
En somme, le comportement individualiste et les décisions unilatérales du gouvernement ont conduit le pays à la catastrophe sanitaire et sociale. Il n’y a pas de réponse simple à un problème compliqué. Et dans l’échelle des problèmes complexes, une pandémie trône sans contredit au sommet.

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