mardi 28 septembre 2021

Plus d'empathie pour les personnes handicapées (article paru dans La Presse)

Dans le cadre du cours "Écriture et médias", nous avions à écrire une chronique sur un sujet libre et d'actualité. Écrire dans un contexte journalistique, c'est inévitablement rester collé sur l'actualité. Ces deux années de certificat ayant été marquées par la COVID-19, plusieurs de mes textes le sont aussi. 

À mon grand désarroi, l'enseignante nous encadrait de façon très stricte, exigeant des textes courts, sous peine d'être pénalisés. 

Ça m'a obligée à garder un fil conducteur très serré lors de l'écriture. 

Exercice difficile, mais finalement très utile.

Cette même enseignante nous répétait souvent ceci : En journalisme, "il faut faire des choix."

C'est un conseil qui m'a beaucoup aidée à garder à distance cette tendance à vouloir parler de tout jusqu'à l'éparpillement. 

Avec la consigne d'écrire une chronique sur un sujet libre et d'actualité, l'occasion était donc toute indiquée pour que je parle d'une situation qui me touche de près : celle du handicap et de la pandémie. Vaste sujet. Trop vaste pour écrire une seule page à double interligne comme le voulait la consigne. 

FAIRE DES CHOIX. Il me restait à choisir un angle. Un seul. 

L'empathie. 

Je n'aurais jamais cru qu'écrire une seule page aurait pu être si long! 

J'ai dû revenir mille fois à mon sujet, à mon angle. Au noyau de mon propos. 

Et je l'ai fait. 

Voici cette page, qui m'en a fait baver, mais dont je suis assez fière.

D'ailleurs, je l'ai envoyée à la Presse, qui l'a publiée! Double fierté.

Plus d'empathie pour les personnes handicapées


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22 février 2021


Plus d’empathie pour les handis


photo tirée d'internet


Pendant la crise sanitaire, les gens ont découvert – en partie – ce que signifie « être handicapé ». Pas de socialisation, pas de loisirs, beaucoup de sédentarité, beaucoup d’isolement. Un calque de ce que vivent les personnes en situation de handicap, et ce, depuis bien avant la pandémie. Étant moi-même en fauteuil roulant, je chéris l’espoir que ce difficile exercice collectif aura suffisamment nourri notre empathie à tous pour aider au progrès de la cause des personnes handicapées.


Il y a des décennies que les personnes en situation de handicap luttent pour faire reconnaître leurs droits. Malgré les progrès effectués, beaucoup de chemin reste à parcourir. En 2017, par exemple, seulement la moitié des handicapés occupaient un emploi, contre 75 pour cent pour les personnes sans incapacité. L’accessibilité des lieux y est pour beaucoup, mais pas que. Un autre obstacle qui freine l’inclusion des personnes handicapées réside dans l’indifférence de ceux qui ne se sentent pas concernés. C’est ici que la pandémie aura peut-être fait son œuvre : personne n’est resté indifférent face aux ravages que le virus a causés aux plus vulnérables. Alors un peu somnolente, notre compassion s’est réveillée à grands coups d’électrochocs. On a vu, on a ressenti, on a pleuré, on s’est indignés. La pandémie nous en a donné la preuve : l’humain est encore capable de se laisser toucher et de réagir.


Ainsi, quand le monde sera entièrement déconfiné, retournera à la vie normale, et qu’on parlera encore de l’isolement et des défis sociaux des personnes handicapées, il y aura ce souvenir pas si lointain du confinement, ce relent d’inconfort. J’espère qu’alors cette petite cloche, qui s’appelle l’empathie, résonnera avec force dans notre conscience collective.



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