Les personnes handicapées ne sont pas assez présentes en société. C'est un fait, on les voit peu. Pourtant selon l'Office des personnes handicapées du Québec, elles ne représentent pas moins de 16% de la population. Plus d'une personne sur dix. Il y a néanmoins encore un voile invisible entre elles et les personnes valides. Depuis que je suis passée derrière ce voile, je me demande comment retourner de l'autre côté, tout en étant indéniablement différente. Comment faire pour que les gens cessent de tourner la tête quand je passe? Comment redevenir incognito? Cet incognito que je chérissais tant. Je suis arrivée à des pistes de réponses avec le temps, notamment en suivant la page Facebook Humans of New York, où l'auteur, Brandon Stanton, photographie des gens qu'il rencontre et leur donne la parole, pour ensuite partager leur histoire avec nous. Des prisonniers, des drogués, des vieillards, des itinérants, des prostitués, des condamnés, etc. Des gens normaux aussi. Une foule d'expériences de vie souvent éloignées de celles des lecteurs, qui sont pourtant des milliers, chaque fois, à répondre avec bienveillance et humanité. Parce qu'on s'identifie ; on réalise rapidement que derrière ces histoires, ce sont des humains, mus par le désir d'aimer et d'être aimés, de s'épanouir, d'appartenir, et avec un peu de chance, de toucher au bonheur. Les mêmes préoccupations que tout le monde, incluant les personnes handicapées. Je songeais donc depuis un bon moment à faire des portraits de personnes handicapées. Pour les humaniser et normaliser cette expérience de vie pas si rare. De plus, alors qu'on parle la plupart du temps des handicapés sous l'angle des obstacles et des misères, j'avais surtout envie de montrer leurs joies, leurs rêves et leurs réussites. Pour qu'on arrête de les fixer du regard en les voyant passer. Pour qu'elles ne soient plus perçues comme des créatures étranges et malheureuses, mais plutôt comme des humains, avec une histoire de vie un peu différente, comme tout le monde.
samedi 15 janvier 2022
jeudi 25 novembre 2021
Communiqué de presse
Je suis inscrite au cours de "Rédaction et communications publiques" cette session-ci. Dernièrement, alors que j'apprenais à rédiger un communiqué de presse, une amie d'une amie m'a demandé si je pouvais l'aider pour un projet.
Son message allait comme suit :
Bonjour,
Je suis à la recherche d’une personne pour me donner un coup de main à préparer le lancement de cette chanson et son vidéoclip, projet que j’ai réalisé comme artiste indépendante, avec plusieurs artistes au Québec, États-Unis, Inde, etc.Je manque de temps pour tout faire : rédaction du communiqué de presse, répertorier journalistes, contacts de diverses organisations interculturelles, préparer des envois courriels, etc. L’idée est diffusion de l'invitation à l’événement web de lancement.
Je venais tout juste, pour mon cours, de livrer un communiqué de presse (fictif) pour annoncer l'ouverture d'un comptoir de légumes au marché Atwater. Je me sentais d'attaque.
J'ai donc dis oui.
J'ai rencontré Geneviève pour bien comprendre son projet et connaître un peu la personne pour qui j'allais parler.
Puis je me suis mise à l'écriture.
Voici le communiqué de presse que j'ai rédigé :
----------------------
Communiqué
Pour diffusion immédiate
----------------------------------------------------------
Quand j'ai envoyé le communiqué à Geneviève, elle m'a répondu qu'elle souhaitait qu'on y parle du contexte de création et des artistes-collaborateurs. Je lui ai expliqué que j'avais créé un communiqué de presse classique, qui servait à annoncer l'événement de façon neutre, sans faire de promotion. Je lui ai suggéré d'ajouter les éléments souhaités à l'intérieur de la citation, qui permet plus de liberté. Il y a eu un silence d'une semaine où elle ne m'a pas réécrit, puis elle m'a appelée pour me dire qu'elle avait consulté une personne en communication et un rédacteur, qui ont tous deux approuvé mon communiqué de presse.
Finalement, dans l'envoi aux journalistes, il a été utilisé presque tel quel. J'ai cependant repéré certains éléments qui ont été ajoutés (dont une phrase au passé simple qui m'a fait grincer des dents!). Pour le reste, j'ai trouvé que c'était une belle invitation.
Voici l'envoi final :
INVITATION AUX MÉDIAS FRANCOPHONES ET ANGLOPHONES
Lancement de la nouvelle chanson Kune de l’artiste Geneviève Labbé
L’auteure-compositrice- interprète Geneviève Labbé invite les médias au dévoilement de la nouvelle chanson et du vidéoclip Kune le 1er décembre à 19h, lors d’un lancement avec les artistes collaborateurs de l’œuvre. L’événement sera un webinaire bilingue de 30 minutes sur Zoom, auquel les médias sont invités et que le grand public pourra suivre en direct sur la page Facebook du regroupement Artistes pour la Paix. Pour rejoindre l’évènement* Web de lancement, mercredi le 1er décembre, 19 h : * Inscription non-obligatoire
Au plaisir de vous rencontrer !
Communiqué de presse (en français)
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
Lancement de la chanson Kune de l’artiste Geneviève Labbé et plusieurs artistes collaborateurs
Victoriaville, le 24 novembre 2021 - L’auteure-compositrice-
« Le mot Kune signifie « ensemble » en espéranto, explique Geneviève Labbé. Cette chanson évoluait en moi depuis 3 ans, et pour la réaliser, j’ai voulu rassembler des artistes que la vie a mis sur mon chemin. Finalement, la création collective rassemble plus de 15 artistes de partout dans le monde (Apache, Innu, Peul, Juif, Québécois, Indien, Camerounais, Bengali et Persan)! C’est une chanson que nous avons créé par amitié, une chanson habitée de voix à la fois libres et unies. Elle évoque l’harmonie, l’ouverture et l’espoir. De faire émerger la beauté de l’être humain, c’est une des plus belles choses que l’art peut faire », termine l’artiste.
La musique fut composée par Geneviève Labbé au piano et les arrangements composés avec Ovide Coudé à la basse, Khosrow Maghsoudi au kamânche persan et Jean-François Sauriol au violoncelle.
Pour visionner l’évènement de lancement sur la page Artistes pour la paix (mercredi le 1er décembre à 19 heures):
https://www.facebook.com/
Lien Youtube pour le vidéoclip KUNE (disponible dès 19h45 h le 1erdécembre) :
https://www.youtube.com/watch?
À propos de Geneviève Labbé
Geneviève Labbé est une auteure-compositrice-
Pour télécharger la liste des artistes et musiciens du projet KUNE, une image promotionnelle pour diffusion ainsi qu'une copie pdf de ce communiqué de presse, cliquez sur les boutons de couleurs sous ce texte.
Renseignements :
Geneviève Labbé
courriel
téléphone
samedi 20 novembre 2021
Atelier de rédaction professionnelle - Mon texte (Partie 3)
Par Joëlle Tremblay
Tuteur : Stéphane Laporte
Le transport adapté – « Avant Zoom, c’était souvent la seule solution pour participer à des activités. »
Vanessa-Anne – « Zoom, ce n’est pas la même chaleur humaine. »
Bibliographie
Sites web
Office des personnes handicapées du Québec. Aperçu statistique des personnes handicapées au Québec, [https://www.ophq.gouv.qc.ca/publications/statistiques/personnes-handicapees-au-quebec-en-chiffres/apercu-statistique-des-personnes-handicapees-au-quebec.html] (consulté le 22 juillet 2021)
Moelle épinière et motricité Québec (MÉMO-QC) [http://www.moelleepiniere.com/] (consulté le 4 juin)
Facebook. Personnes à mobilité réduite, [https://www.facebook.com/groups/1435739696732918/?hoisted_section_header_type=recently_seen&multi_permalinks=2579410985699111]
Entrevues
Sylvie Godbout : 31 mars, 23 juillet, 29 juillet (jointe par Zoom)
Simon Phaneuf : 20 novembre 2020 (joint par Zoom)
Jessica Laneuville : 2 avril (jointe par Zoom)
Francis Gilbert : 26 mars (joint par Zoom)
Vanessa-Anne Paré : 26 mars (jointe par Zoom)
Atelier de rédaction professionnelle - Avec la collaboration de Stéphane Laporte (Partie 2)
Quand j'ai reçu la réponse de Stéphane Laporte, je me suis immédiatement mise au boulot. Pas question d'avoir l'air d'une débutante devant ce journaliste que j'estimais tant!
Je m'étais tendue mon propre piège et je me lançais dedans tête première. Mais peu importe, cette pression que je m'étais mise s'est révélée être un sacré moteur à l'écriture. J'ai finalisé mon texte en peu de temps et je l'ai envoyé à Stéphane, qui m'a répondu rapidement en complimentant mon travail.
Je flottais.
Je réalisais pourtant que je lui laissais peu d'espace pour me guider car j'avais fermement agrippé les rênes. À cause de mon insécurité, je m'étais blindée. Ça allait un peu à l'encontre de l'objectif du cours, j'en étais consciente.
Ça été malgré tout une formidable expérience et un énorme privilège d'obtenir les conseils et les commentaires de Stéphane Laporte. Le ton de ses chroniques, généreux, humain et bienveillant le décrit très bien.
Mon admiration est décuplée maintenant que j'ai eu de réels échanges avec lui!
mercredi 20 octobre 2021
Atelier de rédaction professionnelle - Avec la collaboration de Stéphane Laporte (Partie 1)
lundi 18 octobre 2021
Inauguration de la rampe d'accès du Centre de femmes L'Éclaircie
Je participe, depuis plusieurs mois, à un groupe d'échange pour femmes en situation de handicap. Ce groupe réunit une dizaine de participantes aux capacités et incapacités diverses, mais toutes mues par un désir inaltérable de s'émanciper le plus possible à l'intérieur de leur cadre de vie unique. L'idée de créer ce rassemblement bimensuel est venu d'une participante - Karine -, qui, pendant la pandémie, se trouvait isolée et ressentait le besoin de connecter avec d'autres personnes qui vivaient une situation similaire à la sienne. Karine en a alors parlé avec une intervenante de son centre de femmes - Lynda -, et ensemble elles ont mis sur pied Solidaire Hors-Série, un groupe Zoom ouvert à toutes les femmes handicapées du territoire québécois.
Quand le centre de femmes a inauguré sa rampe d'accès en septembre dernier, Lynda, qui savait que je suivais un cours en rédaction professionnelle, m'a demandé de prononcer un discours! Je ne serais pas la seule à parler, il y aurait aussi différents dignitaires (député, mairesse, directrice d'une association pour personnes handicapées, etc.), mais c'est à moi qu'on confiait le privilège de parler au nom des personnes à mobilité réduite, à qui cette rampe était principalement destinée. J'ai été extrêmement flattée qu'on pense à moi et qu'on m'octroie cet espace et cette liberté de parole. C'était l'occasion pour moi de mettre mon grain de sel, de semer des graines de réflexions sur des sujets qui me tiennent profondément à coeur, à savoir l'inclusion, la diversité, l'accessibilité. C'est donc sans hésitation aucune que j'ai accepté de relever le défi de rédiger et de prononcer une allocution à l'occasion de l'inauguration de la rampe d'accès du Centre de Femmes L'Éclaircie.
Un article a été publié dans le journal local au sujet de l'événement (avec une photo de moi et des passages de mon allocution).
Le Centre de femmes l'Éclaircie se dote d'une rampe d'accès
Et on a fait une vidéo de mon discours
_______________________________
8 septembre 2021
Bonjour à tous,
Nathalie, Catherine, Lynda, merci de l'invitation! C’est avec beaucoup de plaisir que je me retrouve parmi vous aujourd’hui.
Je me sens privilégiée, comme femme handicapée, d’être ici cet après-midi, et de pouvoir prendre la parole. C’est une occasion plutôt rare pour une personne en situation de handicap, et femme, de surcroît. Les femmes handicapées sont parmi les personnes les plus vulnérables de la société. D’abord parce qu’elles sont du sexe féminin. Ensuite parce qu’elles ne sont pas en pleine possession de leurs moyens. Elles sont plus susceptibles de vivre dans la pauvreté, d’être isolées socialement et de subir de la violence conjugale. Les statistiques révèlent que plus de la moitié des femmes ayant une incapacité ont déjà subi de la violence. Parmi les éléments qui expliquent cette plus grande vulnérabilité, il y a, évidemment et tristement, une difficulté aussi élémentaire que celle d'accéder physiquement aux services dont elles auraient besoin. Ça, les femmes du Centre l’Éclaircie l’ont saisi. Elles ont compris que quelques marches d’escalier pouvaient priver des femmes fragilisées de leurs précieux services. Non seulement les femmes du Centre l’Éclaircie l’ont compris, mais elles ont agi, avec détermination, pour éliminer les obstacles physiques et rendre l’endroit accessible, accueillant et sécuritaire, pour toutes.
Combien de fois des personnes handicapées ont-elles accepté des situations qui ont mis leur sécurité ou leur intégrité en péril? On s’est habituées à des choses auxquelles on n’aurait jamais dû avoir à s’habituer. On s’est habituées à capituler devant une marche d’escalier. À l'intérieur, l'ambiance est bonne, la musique légère, les gens bavardent. Ce serait agréable, qu’on se dit en regardant par la fenêtre. Mais il y a cette marche. Un banal dénivelé comme on en trouve partout, qui sépare les personnes handicapées de la majorité des gens. D’autres fois ce dénivelé est presque surmontable, on se sent audacieux et optimiste! Mais l’endroit est plus étriqué que prévu : on a besoin d’aide. On finit par entrer, de peine et de misère, sous les regards curieux et les sourires embarrassés, la dignité en berne.
Il arrive aussi que dans les endroits publics, on doive utiliser des toilettes qui n’ont pas été conçues pour les personnes qui ont des limitations. On se demande chaque fois, avant de s’aventurer dans une de ces salles de bains, si elle sera sécuritaire. Si on ne risque pas de s’y casser le cou en s’accrochant au distributeur de papier de toilette, en l’absence de barres d’appui. Et inévitablement, on finit par se demander si on ne serait pas mieux de retenir cette inopportune envie jusqu’à notre retour à la maison. Ces questions d’accessibilité tourmentent les personnes handicapées chaque fois qu’elles sortent de chez elles. Vous comprenez qu’elles ne sortent pas souvent…
Je vais vous donner un exemple bien concret d’un lieu qui a été conçu pour des gens parfaitement valides : la salle de spectacle que je fréquente quelques fois par année. D’abord, je tiens à préciser que ce n’est pas une petite salle de brousse : c'est une salle de spectacle de renom, qui accueille nos meilleurs artistes. Or, dans ce bel endroit très convivial pour le commun des mortels, les personnes à mobilité réduite doivent entrer par l’arrière, où il y a une rampe, et attendre qu’un employé vienne ouvrir la porte, gardée verrouillée en tout temps. Pour rendre l’expérience encore plus accueillante pour les personnes handicapées, c’est à l’avant que se trouve le petit bistro pour les cocktails pré-spectacle, et c’est à ce même endroit que les artistes vont à la rencontre du public après le spectacle, pour des séances photos, signatures d’autographes et autres sympathiques contacts sociaux. Mais malheureusement cet espace de plaisir est relié à la salle de spectacle par… un escalier. Si, d’aventure, une personne à mobilité réduite souhaite s'adonner à ce genre de réjouissance sociale, elle doit ressortir par la porte arrière (celle avec la rampe) puis faire le tour du bâtiment en passant par le stationnement, et enfin refaire son entrée par la porte d’en avant. Vous me suivez? Difficilement?? Bienvenue dans l’expérience rockambolesque d’une personne handicapée!
Maintenant revenez ici, au Centre de femmes l’Éclaircie, un endroit neutre qui vous envoie un message clair : venez, en toute sécurité, et en toute intégrité, vous êtes ici chez vous. Au Centre l’Éclaircie, pas question d’entrer clandestinement par la porte d’en arrière ou de se ronger les sangs avant d’aller aux toilettes. Pas question de subir cette sournoise ségrégation et cette insidieuse humiliation. Non, ici, on entre par ce bel et grand accès, et on utilise une toilette adaptée à nos besoins. C’est donc l’esprit tranquille et avec la certitude d’être bien accueillie que je me suis rendue ici aujourd’hui, pour l’inauguration de la rampe et de la nouvelle salle de bains, deux éléments qui favoriseront, sans l’ombre d’un doute, l’inclusion des femmes handicapées dans la communauté.
En terminant, je lève mon chapeau aux femmes du Centre l’Éclaircie et à leurs partenaires, pour ces formidables réalisations, et j'émets le souhait que davantage de gens leur emboîte le pas, car c’est en prenant des initiatives comme celle-ci que nous créerons des communautés plus fortes et inclusives, où il fait bon vivre pour tous et toutes.
mercredi 13 octobre 2021
Zoom, l'allié des personnes à mobilité réduite
Durant la pandémie, j'ai découvert, comme la plupart des gens, les réunions Zoom. Alors que de nombreuses personnes ont perçu ce nouveau format de rencontres comme une contrainte, j'y ai vu, comme personne en situation de handicap, une fenêtre ouverte sur de nouveaux horizons.
Lorsque nous avons eu à rédiger un article informatif pour le cours "Écriture et médias", j'ai donc spontanément choisi de parler de Zoom et les personnes handicapées. La consigne était d'écrire un reportage avec entrevues sur un sujet d'actualité, ce qui m'enthousiasmait au plus haut point car je souhaitais ardemment connaître l'expérience d'autres personnes handicapées sur le virage numérique de la dernière année.
__________________________________
19 avril 2021

par Joëlle Tremblay
Aide médicale à mourir : ma collaboration avec MÉMO-QC
J'ai eu la chance, dernièrement, d'écrire un texte pour Paraquad , la revue de MÉMO-Qc. Rappelons que MÉMO-Qc, est un organisme qui...
-
J'ai eu la chance, dernièrement, d'écrire un texte pour Paraquad , la revue de MÉMO-Qc. Rappelons que MÉMO-Qc, est un organisme qui...
-
Je suis inscrite au cours de "Rédaction et communications publiques" cette session-ci. Dernièrement, alors que j'apprenais à r...
-
La vie d'avant Y’a pas grand-chose qui me manque de ma vie d’avant. C’est vrai qu’il y a l’Ataxie maintenant, sauf que moi, en tant que ...